Bordeaux confirme une nouvelle fois son avance en matière de mobilité durable en intégrant le top 10 des villes les plus cyclables au monde en 2025. Longtemps réputée pour son architecture, sa douceur de vivre et ses quais emblématiques, la capitale girondine s’impose désormais comme l’une des destinations les plus adaptées aux déplacements à vélo. Cette distinction reflète des années d’efforts, de réaménagements urbains et de politiques publiques cohérentes destinées à transformer la mobilité du quotidien.
Ce classement récompense avant tout une vision. Depuis plusieurs années, Bordeaux a progressivement repensé sa manière d’organiser la circulation, en privilégiant des rues plus apaisées, un maillage cyclable continu et une place plus généreuse accordée aux mobilités douces. La ville a ainsi investi massivement dans la création de nouvelles pistes sécurisées, dans l’amélioration de la sécurité routière et dans la promotion active du vélo comme mode de transport principal. Résultat : se déplacer à vélo n’est plus un choix marginal, mais une habitude ancrée dans le quotidien de milliers de Bordelais.
Au fil du temps, la métropole a su créer une véritable cohérence urbanistique. Les pistes cyclables desservent aujourd’hui aussi bien les quartiers centraux que les zones périphériques, permettant de traverser la ville rapidement, sans rupture et en toute sécurité. Les quais, autrefois dédiés en grande partie à la circulation motorisée, sont devenus l’un des symboles de cette transformation. Ils accueillent désormais des cyclistes de tous âges, séduits par un cadre agréable, dégagé et parfaitement adapté aux trajets quotidiens. De nouveaux aménagements comme le Pont Simone Veil renforcent encore cette dynamique, en offrant des infrastructures modernes et larges, pensées dès l’origine pour le vélo.
Cette évolution n’a d’ailleurs pas seulement modifié les déplacements : elle a transformé la culture urbaine. À Bordeaux, le vélo n’est plus uniquement un moyen de transport pratique. Il est devenu un mode de vie. De plus en plus d’actifs choisissent désormais de se rendre au travail à vélo, profitant d’une circulation apaisée et d’un réseau sécurisé. Les commerces de réparation et de location se multiplient, tandis que les services dédiés — parkings sécurisés, stations longues durées, solutions pour les vélos cargos — se développent pour accompagner cette montée en puissance.
L’essor du vélo s’observe également dans les usages professionnels. Les entreprises bordelaises, petites comme grandes, adoptent de plus en plus le vélo pour des missions logistiques, artisanales ou de livraison, réduisant à la fois les coûts et l’impact environnemental. La ville, de son côté, continue d’accompagner le mouvement en multipliant les initiatives favorisant un urbanisme plus vert et plus efficace.
Bien sûr, tout n’est pas encore parfait. Certains grands axes restent encore trop dépendants de dispositifs "souples", comme les bandes cyclables peintes au sol, qui manquent parfois de protection face à la circulation motorisée. La requalification prochaine des boulevards représente un enjeu majeur pour renforcer la cohérence du réseau et offrir aux cyclistes un axe structurant véritablement sécurisé. Si Bordeaux souhaite grimper encore plus haut dans les classements internationaux, la création de longues pistes continues et protégées sera déterminante.
Malgré ces défis, la présence de Bordeaux dans le top 10 mondial marque un tournant. La ville prouve qu’il est possible de moderniser une métropole sans sacrifier son patrimoine ni son dynamisme économique. Elle montre surtout que l’adoption massive du vélo n’est pas qu’une tendance, mais une transformation profonde qui améliore à la fois la qualité de vie, la santé publique, la réduction des nuisances et l’attractivité globale du territoire.
Avec cette reconnaissance, Bordeaux s’affirme comme un modèle français et européen. La métropole démontre qu’en repensant intelligemment l’espace urbain, en investissant dans des infrastructures durables et en soutenant une culture cyclable forte, une ville peut transformer en profondeur ses habitudes de mobilité. Et si Bordeaux roule aujourd’hui dans la cour des grandes capitales du vélo, tout laisse penser qu’elle n’a pas fini de tracer sa voie.